Mountain of Hell 2026 : pourquoi cette descente reste une des courses les plus folles du VTT
Sur le glacier des Deux Alpes, juste avant le départ, il y a souvent un moment étrange. Le bruit disparaît presque. Les riders regardent la pente devant eux, certains tapotent leurs freins une dernière fois, d’autres cherchent déjà la bonne trace dans la neige. Et puis quelques secondes plus tard, plusieurs centaines de pilotes plongent en même temps dans la pente glacée à plus de 3200 mètres d’altitude.
La Mountain of Hell n’a jamais vraiment ressemblé aux autres courses de VTT. Trop longue pour être une simple DH. Trop brutale pour être un “enduro fun”. Trop physique pour se résumer à un départ spectaculaire sur glacier.
Une fois la neige passée, il reste encore près de 25 kilomètres à encaisser entre pierriers, traversées défoncées, freinages interminables, sections ultra rapides et singles ravagés jusqu’à Venosc. Et c’est souvent là que la course commence réellement.
Mountain of Hell 2026 en chiffres
- Dates : 18 au 21 juin 2026
- Lieu : Les Deux Alpes
- Altitude du départ : environ 3200 m
- Altitude d’arrivée : environ 900 m à Venosc
- Dénivelé négatif : 2400 à 2500 m D-
- Distance : environ 25 km
- Type de course : mass-start / DH marathon
- Nombre de participants : environ 1300 riders
- Terrain : glacier, neige, pierriers, forêt, sections bike park
- Matériel obligatoire : casque intégral, dorsale, protections
Une course à part dans le monde du VTT gravity
Ce qui frappe quand on regarde la Mountain of Hell de près, ce n’est pas seulement le départ glacier. C’est surtout la manière dont le terrain change en permanence.
La première partie impose déjà une énorme lecture du terrain. Selon les années, le glacier peut offrir un grip correct… ou devenir une vraie patinoire. Certains riders arrivent à conserver énormément de vitesse en laissant rouler le vélo. D’autres se retrouvent immédiatement à subir, à freiner trop tôt ou à perdre complètement leur ligne dans les traces creusées par les premiers passages.
Et contrairement à beaucoup de courses de descente, ici, une erreur au départ peut ruiner toute la suite.
Quand le peloton bascule ensuite dans les parties rocheuses, le rythme change complètement. Le terrain devient beaucoup plus cassant, les vélos tapent de partout et les bras commencent déjà à travailler alors que la course est loin d’être terminée.
C’est ce mélange qui rend la MOH aussi particulière : il faut être capable de rouler vite absolument partout., neige, pierriers, compressions rapides, longues traversées sur sol accidenté, tout en gardant suffisamment de lucidité et de concentration quand la fatigue commence à se faire sentir.
Le glacier : un départ devenu culte
Même pour des riders habitués aux grosses courses d’enduro ou de DH, le départ de la Mountain of Hell reste particulier.
L’altitude joue déjà énormément. À plus de 3200 mètres, le souffle n’est pas le même, surtout dans le stress du départ. Ensuite, il y a cette pente blanche qui plonge immédiatement sous les roues avec très peu de marge d’erreur. Les premiers mètres sont souvent complètement chaotiques.
Des pilotes cherchent de l’accroche sur une neige parfois très dure, d’autres coupent des traces improbables pour éviter les ralentissements, et certains tentent déjà de gagner plusieurs positions avant le premier goulet. Les vitesses peuvent devenir énormes quand les conditions sont rapides.
C’est aussi ce qui fait la réputation de la course depuis des années : cette sensation de départ presque incontrôlable où tout le monde essaie de survivre sans perdre trop de terrain.
Pierriers, sections ravagées et gros débit
Une fois la neige terminée, la Mountain of Hell devient une immense descente de haute montagne.
Le vélo ne cesse pratiquement jamais de travailler. Les suspensions chauffent, les freinages s’allongent et certaines portions deviennent extrêmement physiques quand le terrain sèche et se défonce au fil des passages.
Les riders qui connaissent bien la course cherchent généralement à conserver du débit le plus longtemps possible plutôt qu’à multiplier les gros freinages. Ceux qui subissent le terrain finissent rapidement par exploser physiquement, surtout dans les longues traversées cassantes où les bras prennent des impacts permanents.
C’est aussi une course où les trajectoires comptent énormément.
Quelques mètres peuvent parfois faire la différence entre :
- une portion fluide,
- et une ligne totalement ravagée remplie de pierres qui tapent dans les roues et détruisent l’énergie.
Dans les parties rapides, les meilleurs pilotes arrivent à garder énormément de vitesse tout en laissant le vélo vivre sous eux. C’est souvent là que les écarts se creusent réellement.
Pourquoi la Mountain of Hell détruit autant physiquement
Beaucoup imaginent une immense descente “plaisir”. En réalité, la MOH est souvent une guerre d’usure.
Le problème ne vient pas uniquement du cardio. Ce sont surtout les bras, les mains et la lucidité qui lâchent progressivement.
Avec plus de 2400 mètres de dénivelé négatif, les riders passent énormément de temps sur les freins. Dans les sections défoncées, chaque impact remonte dans les avant-bras. Et quand la fatigue arrive, les erreurs deviennent beaucoup plus fréquentes.
C’est particulièrement vrai dans les derniers kilomètres vers Venosc.
Le terrain y paraît parfois moins impressionnant visuellement, mais après plus de vingt minutes de course, tenir le rythme devient déjà extrêmement compliqué pour beaucoup de pilotes amateurs.
Quel vélo pour rouler la Mountain of Hell ?
Le débat revient quasiment chaque année : DH ou gros enduro ?
Aujourd’hui, la majorité des riders roulent avec des enduros très engagés, généralement entre 170 et 180 mm de débattement. Le rendement compte énormément sur certaines portions rapides et sur les relances, même si la capacité à encaisser reste essentielle. Les montages évoluent aussi beaucoup selon les conditions du glacier.
Quand la neige est dure, certains pilotes baissent fortement les pressions pour essayer de récupérer un peu de grip au départ. Les pneus renforcés et les inserts sont quasiment devenus indispensables tant les risques de pincement sont élevés dans les pierriers. La Mountain of Hell fait partie des courses où le matériel souffre réellement.
Les grands noms de la Mountain of Hell
Au fil des années, la course a attiré plusieurs références du VTT gravity et de l’enduro.
Parmi les riders marquants des dernières éditions :
- Kilian Bron
- Rémy Absalon
- Karim Amour
- Isabeau Courdurier
La MOH attire chaque année des spécialistes DH,des pilotes d’enduro, des riders freeride, mais aussi énormément d’amateurs venus se confronter à une course devenue mythique dans le milieu.
Programme Mountain of Hell 2026
- Jeudi 18 juin : accueil des riders, retrait des plaques et premières reconnaissances du parcours.
- Vendredi 19 juin : qualifications et nouvelles sessions de recos sur les différentes sections du tracé.
- Samedi 20 juin : courses annexes, catégories spécifiques et animations autour du village de l’événement.
- Dimanche 21 juin : grande finale de la Mountain of Hell avec le célèbre départ glacier à plus de 3200 mètres d’altitude.
Pourquoi la Mountain of Hell reste aussi mythique
Il existe aujourd’hui énormément de grosses courses VTT. Des courses plus modernes, parfois mieux médiatisées, parfois plus propres visuellement.
Mais la Mountain of Hell conserve quelque chose que beaucoup d’événements ont perdu avec le temps : un côté brut.
Le départ sur glacier, les trajectoires improvisées dans la neige, les vélos qui tapent pendant près de 2500 mètres de dénivelé négatif, les riders complètement détruits à l’arrivée… tout ça donne encore à la MOH une identité très différente du reste du calendrier VTT.
Et quand on voit réellement la pente du glacier au départ, on comprend assez vite pourquoi cette course continue de fasciner autant de riders chaque été aux Deux Alpes.
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